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Déclaration de Copenhague V.O.
Traduction française
Complétée lors de la conférence consensuelle au
2e Congrès mondial sur la douleur myofasciale et la fibromyalgie
17 au 20 août 1992
Copenhague
Danemark
Notes du traducteur
Ce document consensuel est une traduction qui ne prétend pas satisfaire aux critères que requiert habituellement la profession médicale. C’est une prestation bénévole consentie par amitié pour une personne de notre communauté qui lutte depuis plusieurs années pour la reconnaissance de son état.
Ici et là, dans le document, des traductions approximatives sont marquées par des astérisques, Vu le court temps à la disposition du traducteur et l’absence d’outils de travail adéquat, il remet ce document sous réserve. Prière de se référer au document original, remis en anglais, pour plus de précision sur la terminologie médicale.
Roméo Paquette
Sherbrooke, le 18 février 1994
Note : ce document-ci a fait l’objet d’une révision en 2003 par madame Diane Leroux.
Préface
Une conférence consensuelle sur la fibromyalgie s’est déroulée à Copenhague le 20 août 1992 à l’occasion du 2e Congrès mondial sur la douleur myofasciale et la fibromyalgie. Voici le rapport de cette conférence.
La conférence consensuelle a étudié les questions suivantes :
Qu’est-ce que la fibromyalgie (fibromyosite)?
Comment diagnostique-t-on la fibromyalgie?
Qu’est-ce qui cause la fibromyalgie?
Quelle est la prévalence de la fbromyalgie dans la population?
Comment la fibromyalgie affecte-t-elle l’individu?
Quel est l’impact de la fibromyalgie sur la société?
Quel genre de traitement est efficace?
Quels défis la recherche doit-elle relever à l’avenir?
La conférence consensuelle s’est partagée en deux panels : un panel d’experts et un panel du consensus.
Les membres des deux panels étaient :
Panel d’experts : Robert Bennett (président), États-Unis
Anders Bjelle, Suède
Ann Bergtsson, Suède
Carol S. Burckhardt, États-Unis
Don Goldenberg, États-Unis
Karl G. Henriclsson, Suède
Soren Jacobsen, Danemark
Marijke van Santen Hoefft, Pays-Bas
Henning Vaeroy, Norvège
Frederick Wolfe, États-Unis
Panel du
Consensus : Finn Kamper-Jorgensen (président), Danemark
Liv Anne Andreassen, Rep. des consommateurs, Norvège
Dag Bruusgard, omnipraticien, Norvège
Bente Danneskiold-Samsoe, m.d., Danemark
Alfonse T. Masi, épidémiologiste/rhumatologue, Etats-Unis
Janine Morgall, sociologue, Danemark
(Robert Bennett, président du panel d’experts, Etats-Unis)
Introduction
Maladies musculo-squelettiques et douleur chronique généralisée
La douleur et l’inconfort au niveau du système musculo-squelettique sont fréquents chez la population adulte en général. Les études statistiques sur la santé dans les pays industrialisés révèlent que de 40 à 50 % de la population est affectée par de tels symptômes lors d’une période de deux semaines prise à n’importe quel temps de l’année. Environ 20 % des personnes touchée considèrent qu’il d’agit là d’un problème sérieux.
Des études révèlent que les désordres musculo-squelettiques, lorsque comparés à d’autres groupes de maladies, provoquent la plupart :
des retraites prématurées;
des cas de maladies prolongées ou qui durent depuis très longtemps;
des diminutions d’activité chez la population;
des bonnes années de vie perdues;
des visites aux omnipraticiens.
Les troubles musculo-squelettiques ont donc des conséquences socio-économiques importantes et devraient être considérés comme une catégorie de maladies qui peut compromettre les politiques de bien-être social.
La définition du syndrome de la fibromyalgie au début des années 1980 a suscité un plus grand intérêt face aux aspects scientifique et clinique des douleurs musculaires chroniques. Des études démographiques récentes indiquent que de 10 à 20 % de la population souffre de douleurs chroniques généralisées. Le syndrome de la fibromyalgie touche une importante proportion de ces personnes.
Pourquoi élaborer un nouveau diagnostic?
Il arrive que la médecine établisse de nouveaux diagnostics. Ceux-ci constituent des conventions (constructions) sociales issues de l’expérience médicale entre médecins et entre générations. Ils ont donc des conséquences tant scientifiques que sociales.
Le fait de regrouper certains patients ou celui d’établir un nouveau diagnostic sera justifié différemment selon le cas. Par exemple, les critères de regroupement et de diagnostic peuvent être fondés sur une étiologie commune (une bactérie), sur des caractéristiques patho-anatomiques communes (ulcères, infarctus), sur un pronostic (SIDA), sur la dysfonction d’un organe (sénilité démentielle), sur la réponse aux traitements (polymyalgie rhumatismale) ou sur une manifestation clinique distinctive (fibromyalgie).
Idéalement, le diagnostic réfère à un groupe homogène de patients. Toutefois, l’expérience clinique démontre plutôt une grande variation des manifestations cliniques et des pronostics parmi les personne dont le diagnostic est le même.
La fibromyalgie est reconnue comme un syndrome, c’est-à-dire une condition accompagnée de symptômes caractéristiques. Des cliniciens d’expérience ont cru bon de créer un concept de la fibromyalgie afin de promouvoir la recherche, d’évaluer les programmes de traitements et d’améliorer le suivi de la personne atteinte.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), en élaborant une classification statistique internationale des maladies (CIM), a incorporé ce syndrome dans sa dixième révision de la CIM; la fibromyalgie porte le numéro M 79.0.
Qu’est-ce que la fibromyalgie?
La fibromyalgie est une condition douloureuse, non-articulaire, impliquant surtout les muscles; c’est la cause la plus commune de douleur musculo-squelettique chronique généralisée. Elle est typiquement associée à une fatigue persistante, à un sommeil peu réparateur et à des raideurs généralisées. Les femmes en sont affectées quelque dix à vingt fois plus souvent que les hommes.
La fibromyalgie fait souvent partie d’un syndrome plus large comprenant : maux de tête, intestin irritable, vessie irritable, dysménorrhée, phénomène de Raynaud, jambes agitées, formes atypiques d’engourdissement et de démangeaison, intolérance à l’exercice et sensations ce faiblesse.
Une proportion variable (de 20 à 50 %) des personnes atteintes souffrent aussi de dépression ou d’anxiété notables, ce qui pourrait contribuer à la sévérité de leurs symptômes ou résulter de leur douleur chronique.
La plupart d’entre elles éprouvent à la fois des variantes journalières et saisonnières de leurs symptômes. Typiquement, les symptômes sont pires durant les périodes de temps humide et froid, au début et à la fin de la journée et durant les périodes de stress émotionnel.
Comment diagnostique-t-on la fibromyalgie?
La fibromyalgie est un syndrome distinctif qui peut être diagnostiqué avec une précision clinique. Elle peut se manifester en l’absence (fibromyalgie primaire) ou en présence d’autres conditions telles l’arthrite rhumatoïde ou le lupus érythémateux systémique (fibromyalgie concomitante). Elle est très rarement secondaire par rapport à une autre maladie, dans le sens où la guérison de la pathologie associée guérirait aussi la fibromyalgie. Elle peut être diagnostiquée avec certitude chez les personnes souffrant de douleur musculo-squelettique généralisée (voir tableau 1) et de points sensibles multiples.
Tableau 1. Critères de 1990 de classification de la fibromyalgie du Collège américaine de rhumatologie (American College of Rheumatology, ACR).
Historique de douleur généralisée
Définition
On considère la douleur comme étant généralisée lorsqu’elle affecte : : les deux côtés du corps, en haut et en bas de la taille. De plus, des douleurs squelettiques axiales (colonne cervicale, poitrine antérieure, cage thoracique ou dos inférieur) doivent être présentes. La douleur au bas du dos appartient à la catégorie des douleurs du corps inférieur.
Douleur à 11 des 18 points sensibles
Définition
La douleur, sous palpation digitale, doit être présente en au moins 11 des 18 sites de sensibilité suivants :
Occiput : aux insertions musculaires occipitales.
Vertèbre cervicale inférieure : aux aspects antérieurs des espaces intratransversaux à C5-C7.
Trapèze : au point central de la frontière supérieure.
Supraspinaux : aux origines au-dessus du bord médian de l’omoplate.
Deuxième côte : latérale supérieure jusqu’à la seconde jonction.
Épicondyle latérale : à deux centimètres des épicondyles. *
Crête iliaque : Parties extérieures supérieures des fesses, dans les plis antérieurs des muscles.
Grand trochanter : postérieur à la proéminence trochantérique.
*Genou : à la couche de gras médiane proche de la ligne de jointure.
Une pression d’environ 4 kg doit être exercée lors de la palpation digitale. Un point sensible doit être douloureux et non seulement sensible à la palpation.
*Traduction révisée par Pierre Haché
Un point sensible est un endroit discret de tissu mou qui est sensible lors d’une palpation digitale exerçant une pression approximative de 4 kg. On doit demander au patient de signaler la présence de douleur; la sensibilité sans douleur ne compte pas. Les points sensibles se trouvent aux endroits caractéristiques définis par les critères de 1990 du Collège américain de rhumatologie (voir tableau 1). Pour fins de standardisation des protocoles de recherche, la fibromyalgie est strictement définie en termes de douleurs généralisées et de douleur à 11 points sensibles ou plus sur 18.
D’un point de vue pragmatique, lorsqu’on examine un patient en particulier, le diagnostic est habituellement soutenu par la présence inexpliquée de douleurs ou d’élancements généralisés, de fatigue persistante, de raideurs généralisées, de sommeil peu reposant et de points sensibles multiples. La plupart des perseonnes qui manifestent ces symptômes se plaignent de douleur en 11 points ou plus, mais une proportion variable d’entre elles, par ailleurs typiques, peuvent avoir moins de 11 points sensibles au moment de l’examen.
Il est possible qu’il y ait confusion avec le syndrome de la douleur myofasciale. Les personnes souffrant de celui-ci ressentent une distribution localisée de la douleur et comptent un nombre restreint de points sensibles. Elles sont habituellement soulagées par une thérapie myofasciale spécifique. Elles manifestent rarement le profil typique de fatigue persistante qui accompagne la fibromyalgie, non plus que les raideurs généralisées ni le sommeil non réparateur. Chez une minorité, un syndrome localisé de douleur myofasciale pourrait évoluer en fibromyalgie.
Il existe peu de conditions qui ressemblent à la fibromyalgie. De celles-ci, notons par exemple : l’hypothyroïdie, un mal généralisé, la polymyalgie rhumatoïde, l’ostéomalacie, l’ostéoarthrite généralisée, le Parkinson précoce et les stades initiaux des maladies des tissus conjonctifs. La présence de symptômes de la fibromyalgie chez certains patients souffrant du syndrome de fatigue chronique et vice versa ont été notés dans plusieurs études. Comme il n’existe pas de définition claire du syndrome de la fatigue chronique, on ne sait pas ce que peuvent bien dénoter ces observations.
Qu’est-ce qui cause la fibromyalgie?
L’étiologie et la pathogenèse de la fibromyalgie ne sont pas encore connues. Mais les études contemporaines étoffent jusqu’à un certain point les affirmations suivantes :
Facteurs psychologiques
Bien que les personnes atteintes de fibromyalgie souffrent souvent de dépression et d’autres problèmes psychologiques, on ne croit pas que la douleur et la sensibilité soient à prime abord causées par la détresse émotionnelle. Toutefois, leur qualité de vie est souvent affectée négativement par une détresse psychologique concomitante.
Sommeil agité
Les personnes atteintes se réveillent invariablement avec la sensation de ne pas être reposées. Sur le plan physiologique, ce sommeil agité correspond à une anomalie électro-encéphalographique appelée sommeil alpha-delta, lequel consiste en un dérangement des étapes plus profondes du sommeil caractérisé par un processus de réveil. Le sommeil alpha-delta cause probablement les symptômes du sommeil non réparateur. La relation entre cette anomalie et les autres aspects de la fibromyalgie n’est pas comprise. Il semble possible que le sommeil alpha-delta inhibe la sécrétion circadienne de certaines hormones de l’hypophyse et ceci mérite d’être étudié plus à fond.
Études des muscles
Les biopsies musculaires faites chez des personnes atteintes de fibromyalgie n’ont pas révélé de changements caractéristiques ou diagnostiques qui seraient typiques de cette maladie. Parmi les changements morphologiques décrits : des fibres rouges irrégulières, des décolorations en forme de Z et des niveaux réduits de phosphate énergétique semblent avoir attiré l’attention. Des résultats semblables ont été décrits chez des patients atteint d’une myalgie reliée au travail, ce qui suggère que l’aspect douleur musculaire de ces deux conditions peut se recouper. Les niveaux de sérum des enzymes musculaires, les études d’électromyographie, les tests d’exercice et la résonance magnétique nucléaire n’ont pas révélé de défaut global du métabolisme musculaire chez les personnes atteintes de fibromyalgie.
Douleur
IL semble de plus en plus évident que les personnes atteintes de fibromyalgie ont une perception de la douleur accentuée de façon centrale. Une étude a rapporté l’existence de niveaux cérébro-spinaux élevés de substance P, de Met-enkephaline, de Arg-Phe et de dynorphine-A. Deux autres études ont aussi noté la présence de petites quantités d’un tryptophane métabolite – soit *le 5 acide hydroxyde indole. Le lien entre ces irrégularités des neuropeptides du fluide cérébro-spinal et une perception centrale de la douleur n’a pas encore été clarifié.
Activité sympathique accrue
La plupart des personnes atteintes se plaignent de sensibilité au froid; quelque 20 à 40 % manifestent les symptômes du phénomène de Raynaud à ses débuts. Parmi les autres inconforts dont elles se plaignent et qui pourraient découler d’une activité accrue du système sympathique, notons : les yeux secs, la bouche sèche, la rétention des fluides et la vessie irritable. Celles souffrant du phénomène de Raynaud ont manifesté une régulation surélevée de récepteurs adrénergiques alpha-2 sur plaquettes. Ceci les rendrait plus sensibles à leur production endogène de catécholamines. Une étude a démontré que le blocage du ganglion en forme d’étoile réduit à la fois la sensation généralisée de fatigue et quelques points sensibles du côté ou est effectué le bloc sympathique. D’autres études des niveaux de catécholamine de sérum chez des personnes atteintes n’ont montré aucun changement. Il semblerait donc que certaines d’entre elles éprouvent une augmentation de l’activité sympathique suite à une réaction accentuée à une stimulation physiologiquement normale de leur système sympathique.
Quelle est la prévalence de la fibromyalgie?
Des sondages effectués dans plusieurs pays révèlent que de 0,7 à 3,2 % de la population adulte est atteinte. Presque tous les cas recensés étaient des femmes, ce qui correspond à une prédominance féminine d’au moins 1,3 à 6 % ou plus.
Les premiers symptômes apparaissent le plus souvent entre 20 et 40 ans d’âge, mais des cas ont été rapportés à tout âge, même durant l’enfance.
La fréquence rapportée de personnes atteintes parmi la population adulte féminine et masculine combinées, en stage primaire de soins, a atteint 2 à 6 % et, dans certaines cliniques de rhumatologie, jusqu’à 20 %. Le syndrome de la fibromyalgie n’est souvent pas diagnostiqué lorsqu’il succède à une maladie rhumatoïde dégénérative inflammatoire, ce qui peut résulter en un traitement inapproprié.
Peu de données sont disponibles sur l’histoire naturelle de la fibromyalgie. Des études de suivi existantes portent à croire que la fibromyalgie est l’objet d’un pronostic social négatif.
On a recommandé l’utilisation des critères du Collège américain de rhumatologie pour les études à venir afin d’obtenir des données de recherche comparables.
À ce jour, il n’y a pas de données accessoires disponibles et on en sait peu sur les facteurs de risque à partir des statistiques démographiques actuelles.
Comment la fibromyalgie affecte-t-elle les personnes qui en souffrent et leur vie?
Douleurs musculaires
La fibromyalgie peut débuter sous forme de douleurs musculaires localisées qui se répandent dans tout le corps lorsque le syndrome atteint son plein développement. La plupart des personnes atteintes ressentent aussi des douleurs articulaires subjectives sans signes d’arthrite. 90 % d’entre elles souffrent d’une raideur musculaire et articulaire matinale qui persiste de 2 à 4 heures. La douleur a sur l’individu les influences suivantes:
Incapacité fonctionnelle : Les personnes atteintes de fibromyalgie ont des problèmes de mobilité, de fonctionnement des bras, de force de poigne et d’exécution des tâches ménagères comparables à ceux qu’éprouvent les personnes souffrant d’arthrite rhumatoïde.
Les tests d’évaluation ergonomique de fonctionnement au travail ont révélé que qu’elles atteignent un degré d’incapacité aussi élevé qu les personnes souffrant d’arthrite rhumatoïde et qu’elles ne fonctionnent qu’à 60 % de leur capacité normale. Cette capacité réduite de travail est habituellement due à la douleur qui limite leurs mouvements. L’incapacité fonctionnelle tend à demeurer stable avec le temps.
Pauvre forme physique : La plupart font très peu d’exercice et sont en mauvaise forme par rapport aux personnes saines de leur groupe d’âge. Elles se plaignent souvent de faiblesse musculaire. En moyenne, la force musculaire maximale chez les personnes atteintes est moindre que chez les sujets contrôles.
Incapacité au travail : Un grand nombre d’entre elles se sentent incapables de faire face aux tâches ménagères. Plusieurs ont abandonné le travail hors-foyer, ont changé d’emploi ou travaillent à temps partiel à cause de la fibromyalgie. Cette dernière a un impact très négatif sur la performance au travail. Lorsqu’elles sont employées, les personnes souffrant de fibromyalgie comptent plus de jours de maladie et éprouvent plus de difficulté à accomplir leur travail et à le terminer que celles qui souffrent d’arthrite rhumatoïde. Elles disent aussi devoir se reposer plus fréquemment. En somme, souffrir de fibromyalgie rend difficile d’accès un travail compétitif. Dans certains pays, cette maladie compte pour un montant important des allocations d’incapacité.
Détresse psychologique : Il n’existe pas de personnalité fibromyalgique. Les personnes atteintes réagissent de façon très individuelle et ne peuvent être stéréotypées.
Entre 20 et 70 % d’entre elles sont déprimées ou ont une histoire de dépression. Parmi les problèmes psychologiques communs, on note l’anxiété généralisée et les phobies. Rien ne démontre clairement que ces personnes sont plus souvent atteintes de désordres psychiatriques que celles souffrant d’arthrite rhumatoïde.
La douleur psychologique, et en particulier l’anxiété et l’inquiétude face à la maladie, sont plus souvent une conséquence de la douleur, de l’incertitude concernant le diagnostic et des traitements inefficaces que le résultat d’un trait propre à la personne atteinte. Les personnes souffrant de fibromyalgie ressentent de plus hauts niveaux de stress face à leur quotidien. Comme d’autres malades chroniques, elles souffrent plus souvent (20 à 70 %) d’anxiété et de dépression. Ceci ajoute à leur détresse mais n’est pas la cause première de la plupart de leurs symptômes. C’est peut-être la douleur qu’elle ressent qui affecte le plus l’état psychologique d’une personne atteinte.
Diminution de la qualité de vie : Les personnes atteintes perçoivent leur qualité de vie comme étant très inférieure à celle des personnes en santé ou celle de personnes souffrant de maladies rhumatoïdes comme l’arthrite rhumatoïde ou le lupus érythémateux systémique. Les aspects de la vie desquels elles sont particulièrement insatisfaites comprennent la santé, les relations et la capacité de participer à des activités récréatives.
Problèmes relationnels : Les personnes atteintes se perçoivent comme étant moins bien soutenues et comprises par les membres de leurs familles et par les amis.
Quel est l’impact social de la fibromyalgie?
Les données relatives à l’impact social de la fibromyalgie n’existent à peu près pas, mais quelques études en ce sens sont en cours.
L’augmentation du nombre de prestations d’invalidité, comptant pour la plus grande partie des coûts indirects reliés à cette maladie, constitue une préoccupation majeure.
Quels sont les traitements disponibles?
Jusqu’à ce que nous connaissions l’étiologie de la fibromyalgie, il n’y a pas de guérison en vue. Des programmes multidisciplinaires de traitements individualisés sont de mise puisque la fibromyalgie affecte les personnes qui en souffrent physiquement, psychologiquement et socialement. Leurs symptômes doivent être acceptés par le médecin et ce dernier doit leur expliquer que la fibromyalgie est un désordre chronique qui nécessite des traitements à long terme.
Thérapie physique
Très peu d’études sur cette approche ont été réalisées. Des expériences contrôlées sont difficiles parce les options de traitements placebos sont limitées. Il n’est donc pas évident de comparer les effets de différents traitements. En somme, les meilleurs résultats rapportés ont été obtenus par un programme d’entraînement physique léger combiné à une intervention psychologique. L’entraînement physique a surtout pour objectif d’éviter les conséquences de l’inactivité musculaire, d’augmenter la sécrétion d’endorphine et de fournir un lieu de contrôle.
Éducation et restructuration cognitive
Il est évident que plusieurs personnes atteintes ont été mal informées suite à leur diagnostic. Une meilleure compréhension tend à diminuer l’anxiété et à faciliter le traitement. Plusieurs personnes atteintes ont de la difficulté à gérer leur stress et il est de plus en plus évident que les techniques de reconstruction cognitive peuvent être un ajout utile au programme de traitement.
Traitement médical
Bien qu’ils soient souvent prescrits, il existe peu d’études sur l’effet des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens, de l’acide acétylsalicylique et du parécétamol sur les symptômes de la fibromyalgie. Tout au plus, ces médicaments soulagent l’acuité de la douleur. Le recours à des analgésiques plus efficaces est à déconseiller parce qu’ils tendent à créer une dépendance et à minimiser l’importance de l’exercice et des autres interventions non pharmacologiques.
L’effet des drogues anti-dépressives sur la fibromyalgie est bien documenté. Le dosage typique est d’à peine 1/10 de celui administré dans le traitement de la dépression et ses effets sont beaucoup plus rapides que dans le cas de la dépression. Toutefois, les résultats de l’utilisation à long terme de cette médication sont encore inconnus. Ces drogues renforcent les effets de la sérotonine dans le système nerveux central et l’on croit que cela module le sommeil et la douleur.
La S-adenosylméthionine est naturellement produite dans le corps et est impliquée dans certaines fonctions métaboliques. Deux études démontrent qu’elle semble à la fois réduire la douleur et augmenter la force physique chez les personnes atteintes.
Les injections locales de corticostéroïdes et d’anesthésiques n’ont de valeur dans le traitement de la fibromyalgie que dans le cas d’une aggravation aiguë et localisée de la douleur. (Les corticostéroïdes systémiques n’ont pas de place dans le traitement de la fibromyalgie).
Pour conclure
Les résultats les plus encourageants dans le traitement de la fibromyalgie semblent pointer vers une approche multidisciplinaire personnalisée à long terme. Plusieurs groupes évaluent présentement les programmes multidisciplinaires, lesquels combinent différentes approches comprenant l’éducation, de faibles doses de drogues anti-dépressives, le conditionnement aérobique, la reconstruction cognitive et la thérapie myofasciale.
Quels sont les défis de recherche à relever dans l’avenir?
L’on s’est mis d’accord sur la nécessité d’intensifier la recherche et de considérer tous les aspects de la fibromyalgie. Quelques priorités sont décrites ci-après.
Épidémiologie
Beaucoup plus de femmes que d’hommes souffrent de fibromyalgie. Des études sur un plus grand nombre de caractéristiques communes sont nécessaires. On a aussi besoin de données socio-économiques qui considèrent des variables comme le statut civil, le statut économique, le statut occupationnel, etc. Des études de prévalence et de prédominance devraient aussi être amorcées et des efforts déployés afin d’engendrer des études transnationales. Des sous-classifications de la fibromyalgie dans les études épidémiologiques sont nécessaires pour augmenter la comparabilité de leurs données. Les critères de sous-classification peuvent inclure, par exemple, le niveau d’acuité (bénin, modéré, sévère), des patients dont les prédispositions physiques sont significatives (hypermobilité notable, déconditionnement significatif ou circonstances de sur-usure ou de surcharge) et la détresse psychologique.
Études longitudinales de maladie précoce
Des études contrôlées des facteurs de risque de même que des observations sur l’évolution de la fibromyalgie de personnes atteintes à partir du stade précoce de la maladie sont essentielles afin de pouvoir déterminer les facteurs pouvant contribuer à son déclenchement et son développement et les distinguer de ceux découlant de la douleur et des dysfonctions directement reliées à cette condition chronique.
Étude des causes de la fibromyalgie
Une recherche poursuivie afin d’établir les causes de la fibromyalgie devrait être mise sur pied. Des modèles étiologiques biomédicaux ont été lancés lors du Congès mondial Myopain de 1992. De plus, des modèles élargis incluant les conditions de vie, les facteurs écologiques et le style de vie ont été proposés en tant que points de départ conceptuels pour une stratégie de recherche plus globale. Lorsqu’une meilleure compréhension des causes de la fibromyalgie sera obtenue, la recherche sur la prévention devrait devenir prioritaire.
Recherche sur les muscles
Biopsies : on a observé des changements microscopiques dans les muscles sensibles des personnes atteintes. Toutefois, ceux-ci ne sont pas particuliers à la fibromyalgie. Les recherches futures sur l’état des muscles des personnes atteintes doivent répondre aux questions suivantes :
Est-ce que les changements sont quantitativement différents chez les personnes atteintes de fibromyalgie par rapport aux individus normaux et sont-ils suffisants, par eux-mêmes, pour expliquer la myo-douleur?
Ces changements dans les biopsies musculaires sont-ils primaires ou secondaires à la désuétude?
Est-ce que les changements rapportés sont dus à la micro-circulation altérée et/ou à un microtraumatisme mécanique?
Quelles sont les rapports entre ces changements musculaires et la douleur?
La fonction musculaire : on rapporte que la fonction musculaire est inhibée chez les personnes atteintes. Le rôle que joue les causes périphériques est encore obscur. Il est nécessaire d’évaluer la fonction musculaire par des études contrôlées en recourant à des procédés standardisés par lesquels on pourra évaluer :
La force musculaire;
L’endurance musculaire;
La perception de l’effort et de la douleur;
Le degré de relâchement lors de repos volontaire;
Le métabolisme focal du muscle à l’aide de la résonance magnétique nucléaire.
Recherche sur la douleur
L’origine de la myo-douleur demeure un problème irrésolu. Il y a probablement des facteurs centraux et périphériques en cause. Il serait important d’intensifier la recherche sur les neurotransmetteurs et sur le système nerveux sympathique.
Recherche psychologique/psychiatrique
Des anomalies psychologiques et psychiatriques sont présentes chez certaines personnes atteintes. Des études les comparant à des patients souffrant d’autres maladies chroniques douloureuses pourraient clarifier le rôle de la détresse psychologique en fibromyalgie. Le développement d’un test psychologique qui tient compte des facteurs découlant de la douleur aiderait à la fois aux études pronostiques et au choix de traitements pour ces personnes. Le rôle que joue le stress psychologique sur le sommeil agité et les changements neuroendocriniens qu’il entraîne méritent d’être étudiés en profondeur.
Les expériences de thérapie clinique
Les expériences cliniques futures en thérapie doivent cibler de façon plus critique les indicateurs de l’efficacité de différents traitements, dont : les drogues anti-dépressives tricycliques, le conditionnement aérobique, la thérapie des fonctions conjonctives, l’éducation, la thérapie par injection aux points de déclenchement, les drogues anti-inflammatoires non-stéroïdes, etc. Les études poursuivies à ce jour ont suggéré que seul un certain nombre de personnes réagissent partiellement à toute intervention thérapeutique unique. La recherche de l’avenir devra essayer d’identifier tout sous-groupe qui réagit mieux à une intervention donnée ou à une combinaison quelconque de thérapies.
Études anthropologiques et sociales
Il a été suggéré que les aspects sociaux et culturels reliés aux personnes souffrant de fibromyalgie soient explorés en utilisant des méthodes de recherche qualitatives. Par exemple, en recourant aux interviews de fond, la recherche, à l’avenir, pourrait dégager ce qui découle de la culture dans la perception de la douleur, la perception du contrôle en situation de travail, la perception du contrôle de la vie personnelle, etc.
La recherche des services de santé
On ne sait pas grand chose sur la façon dont sont traitées les personnes atteintes de fibromyalgie par les services de santé. L’utilisation du système de santé ainsi que ses aspects économiques devraient être étudiés (efficacité des coûts et qualité de vie). À l’avenir, la recherche devrait comprendre des études de consommation recensant la perceptions et le degré de satisfaction des personnes atteintes face aux services de santé qu’elles utilisent.
Les études de résultats à long terme
Les thérapies basées sur des programmes individuels et multidisciplinaires qui ont été démontrées comme étant efficaces devraient être analysées pour déterminer les améliorations de fonctionnement qui en ont résulté et celles de la qualité de vie en incluant le retour au travail et les orientations individuelles, qu’elles soient reliées au travail ou non.

Échelle de douleur Mankoski
Andrea Mankoski a conçu cette échelle de douleur pour aider à décrire
l'expérience subjective de la douleur en des termes plus complets pour ses
médecins et sa famille. S'il-vous-plaît sentez-vous libre de l'utiliser et de
la distribuer gratuitement.
0 - Aucune douleur
1 - Un ennui très mineur - des élancements occasionnels mineurs. Besoin
d'aucun médicament.
2 - Un ennui mineur - des élancements occasionnels forts. Besoin d'aucun
médicament.
3 - Assez ennuyeux pour me déconcentrer. Un anti-douleur doux suffit.
(Aspirin, ibuprofen.)
4 - Peux ne pas se sentir si on ait réellement impliqué dans un travail,
mais quand même assez pour me déconcentrer. Anti-douleurs doux fait disparaître
la douleur pendant 3 - 4 heures.
5 - Ne peux pas l'oublier pour plus de 30 minutes. Des anti-douleurs doux
améliorent la douleur pour 3 - 4 heures.
6 - Ne peux pas être oubliée en aucun temps, mais vous pouvez toujours
aller travailler et participer aux activités sociales. Des anti-douleurs plus
forts (Codéïne, Narcotiques) diminue la douleur pour 3 - 4 heures.
7 - Rend la concentration difficile, interfère au niveau du sommeil. Vous
pouvez encore fonctionner avec effort. Des anti-douleurs plus forts sont
partiellement effectifs.
8 - L'activité physique est sérieusement limitée. Vous pouvez lire et
parler en faisant un effort. Comme facteurs de douleur la nausée et les
vertiges surviennent.
9 - Incapable de parler. Pleurant ou gémissant sans aucun contrôle - près
du délire.
10 - Sans connaissance. La douleur vous fait perdre connaissance.

Fibromyalgie: Les mille Visages.
Classés par Ordre Alphabétique.
( cette liste n'est pas exhaustive...)
Elle est tirée du livre :"Prisonnier de la
Fibromyalgie ou Maladie de la Fatigue Chronique".
Acouphènes,
sifflements ou bourdonnements d'oreilles : Ceux sont des bruits ininterrompus qui résonnent dans la tête. Ils
proviennent de spasmes des muscles tenseurs du tympan et répondent aux critères
suivants définis par le docteur Vernon de Portland: sensation d'oreille
bouchée, présence de deux ou plusieurs sons, modification de l'acouphène lors
de la mastication. L'acouphène est très invalidant parce que ce bruit incessant
et obsédant qui résonne dans la tête finit par donner la sensation de
devenir"fou" Les patients décrivent aussi des impressions de
tintements, de démangeaisons occasionnelles et de diminution de l'acuité
auditive.
Allergies et hypersensibilités
aux allergènes de toutes sortes :
médicaments, aliments, pollutions.
Le
fibromyalgique est irritable de tout. Cet état peut lui congestionner le nez,
et lui donner des démangeaisons et des brûlures aux yeux qui larmoient souvent.
Se référer à "distorsion des sensations".
Amygdalite et laryngite
sont fréquentes puisque la perte de l'axe diminue la bonne ventilation de cette
zone et en favorise l'inflammation.
Anxiété : se référer à
"dépression".
Apnée du sommeil.
Articulation temporo-mandibulaire : Articulation
silencieuse et indolore parfois, ou au contraire, bruyante à l'ouverture ou à
la fermeture de la bouche, provoquant un claquement ou un ressaut, donnant
même, certaines fois, l'impression de se déboîter. Elle peut crépiter, se
sub-luxer, se déboîter.
Asthénie et fatigue chronique.
Audition : Perte
dans les basses fréquences ou diminution de l'acuité auditive se retrouve souvent
chez le fibromyalgique
Baisse des
performances physiques, impression d'avoir vieilli, impossibilité
"d'abattre tout le travail qu'on faisait", sensation d'être surmené,
d'être au maximum de ses possibilités.
Baisse des performances intellectuelles : impression d'avoir perdu sa vivacité
d'esprit.
Baisse des performances sexuelles et surtout de la libido.
Biopsie: la
fibromyalgie ne se découvre pas aux examens tissulaires microscopiques
habituels.
Bouche : elle est
souvent sèche comme dans le syndrome de Goujerot Sjögren. Il est difficile de
l'ouvrir en grand selon un même axe. La déviation à l'ouverture ou à la
fermeture est fréquente.
Bouffées de chaleur.
Bourdonnement d'oreille
: se référer à
"acouphènes".
Brouillard :
c'est ainsi que les patients parlent du ressenti qu'ils ont de l'entourage, une
impression de vivre dans le coton que les Américains désignent par
"fibrofog". Se référer à "idéation - état confusionnel".
Bruxisme : dents
qui grincent de jour comme de nuit ; les mâchoires sont toujours serrés
sans connaître le moindre repos, elles sont en état de spasme.
Canal carpien : La
fibromyalgie peut provoquer des signes qui s'apparentent au syndrome du canal
carpien.
Circulation sanguine :
Elle semble perturbée et des troubles de la coloration cutanée peuvent être
observés sur les lobes de l'oreille, sur les mains ou sur les chevilles. Les
patients décrivent une sensibilité exagérée au froid.
Collets dentaires : Nombre de patients souffre de sensibilité de leur
collet, zone qui unit la dent à la gencive.
Colon irritable :
Colites et alternance de diarrhée et de constipation. Le fibromyalgique se
plaint d'avoir les intestins fragiles, de tolérer de moins en moins d'aliments.
Il leur semble que la digestion "ne se fait pas, que tout leur reste sur
l'estomac".
Concentration :
Les troubles de la concentration font oublier au fibromyalgique l'endroit où il
a garé sa voiture...
Conduit auditif :
Il donne l'impression d'être bouché, il démange et fabrique en excès du
cérumen. - se référer à "acouphènes".
Coussin sous la tête : Il est indispensable au fibromyalgique dans tous ses
déplacements. Son gros oreiller lui permet de se mettre au lit tout en
conservant l'attitude courbée qu'impose la vrille du corps. Cette difficulté à
allonger la tête sur le fauteuil du dentiste, se complique d'une exacerbation
du réflexe nauséeux, puisque le carrefour pharyngien n'est plus dans son axe.
Crampes musculaires unilatérales
nocturnes : déclenchées par la chaleur ou le simple effleurement du drap.
Démangeaisons et
grattages incontrôlables de la peau : au niveau des mollets ou des
avant-bras.
Dent : Lorsqu'une
dent est en souffrance par dysfonction, elle reste muette, asymptomatique et ne
s'exprime qu'à distance, là où on ne l'aurait jamais soupçonnée d'agir. Lorsqu'une
dent est en mauvaise occlusion avec son antagoniste, elle manifeste à grand
bruit sa souffrance sur le reste du corps, mais rarement sur le maxillaire.
Dépression associée à un
état anxieux permanent, parfois à une perte d'appétit à des crises de panique
ou à des crises de larmes.(elle est souvent réactionnelle à la souffrance chronique)
Déviation de la mâchoire
à l'ouverture ou à la fermeture (se référer à "articulation
temporo-mandibulaire")
Difficultés :
· pour avaler : fausses routes unilatérales, se reprendre à deux
reprises pour faire passer l'aliment dans l’œsophage, dysphagie.
·
pour lever ou baisser
les bras.
·
pour monter ou
descendre un escalier.
·
pour ouvrir la
mâchoire ou pour la fermer. - se
référer à "articulation
temporo-mandibulaire".
·
pour parler: extinction de voix ou déplacement brutal de la voix
chantée, dysphonie.
·
pour s'exprimer ou
pour communiquer. - se référer à
"brouillard".
Distorsion des
sensations: le baiser, l'effleurement cutané‚ peuvent être douloureux pour
le fibromyalgique. - se référer à"allergie- hypersensibilité".
Doigts rouges ou blancs
et glacés Se référer à"extrémités".
Douleurs :
·
à la pression de
l'articulation temporo-mandibulaire
: mais seulement unilatérales. - se référer à "l'articulation
temporo-mandibulaire".
·
à la mastication. - se
référer à "l'articulation temporo-mandibulaire".
·
à la tête qui prennent la forme de migraine, de douleur
vasculaire, de "tension" sur le crâne unilatéral, de douleur d'une
tempe ou de douleur derrière les yeux, au fond de l'orbite.
·
des règles : exacerbation de celles-ci.
·
faciales : ces
douleurs unilatérales se situent sur la projection cutanée de la canine
supérieure. Elles irradient souvent autour de l'orbite.
·
musculaires
unilatérales à la pression.
Le Collège Américain de Rhumatologie (ACR) a décrit
les neuf points bilatéraux douloureux suivants en 1990. Lorsque onze de ces
dix-huit points sont douloureux à la pression le sujet a selon l'ACR 88% de
chances d'être fibromyalgique :
Ø
point sous occipital à
l'insertion du muscle au niveau de l'émergence du nerf d'Arnold
Ø
point cervical au niveau
C5- Cl
Ø
point au milieu du bord
supérieur du trapèze
Ø
point épicondylien situé
à deux centimètres de l'insertion osseuse sur l'avant bras
Ø
point entre l'omoplate
et la colonne
Ø
point grand trochanter
Ø
point intercostal
antérieur situé à deux centimètres du sternum
Ø
point fessier
Ø
point genou interne
situé au-dessus du genou au niveau de la patte d’oie.
·
spontanées diffuses et lancinantes concernant les muscles, les
tendons, les ligaments et la peau : Elles sont tout à la fois une sensation de brûlure,
de tiraillement, de picotement. Elles changent d'endroit, d'intensité et de
caractère au gré du temps, de l'humidité, du stress, de l'activité physique ou
de l'air ambiant. Aucune partie du corps n'est épargnée, de la main à l'épaule,
du pied à la hanche, du bas du dos au sommet du crâne, tibia, talon.
·
thoracique
unilatérale perceptible entre
deux côtes à 4 cm du bord sternal o à l'arrière à 5 cm des apophyses épineuses.
Cette douleur se rencontre le plus souvent à gauche sur la cinquième côte et elle
empêche le sujet de remplir ses poumons comme il le voudrait. Cette douleur par
son siège intercostal peut faire penser à une douleur précordiale.
Dysphagie : difficultés à avaler, fausses routes peuvent arriver
parfois dans le cadre d'une fibromyalgie.
Dyspareunie :
douleur pendant les rapports, douleurs vulvaires. La canine supérieure ou de la
dent de six ans. Elles irradient souvent autour de l'orbite.
Endométriose.
Engourdissement des
membres et sensation de fourmis.
Extrémités blanches et froides en hiver : les doigts ne peuvent pas supporter le froid et la
main reste froide en hiver comme dans la maladie de Raynaud. - se référer à
"gonflement".
Etat confusionnel : Au
cours d'une conversation, les mots justes ne viennent pas, la mémoire défaille
sans raison et il est difficile de suivre une conversation ou un exposé,
reconnaître des endroits familiers - se référer à" brouillard ".
Examens sanguins : la fibromyalgie ne se découvre pas aux examens
sanguins habituels.
Examens sanguins particuliers : John Russell M. D. de l'Université du Texas A Health
science center in San Antonio estime que la substance P. se retrouve en
quantité importante dans le cerveau des la, alors que le taux de sérotonine
serait inférieur à la normale. La dopamine, la noradrénaline, l'histamine, le
GABA, le calcitonin-gene-related peptide et tous les neuromédiateurs seraient
perturbés. Tout l'axe hypothalamo-hypophysosurrénalien serait perturbé, ainsi
que le système nerveux végétatif.
Fatigue : elle
épuise et met dans l'incapacité d'effectuer les activités qu'on avait coutume
de pratiquer. Elle vous envoie directement au lit.
Fer - se référer à
"peau".
Fertilité masculine : les troubles hormonaux de l'axe hypophyse-gonade
diminueraient la fertilité.
Football :
imprécision du tir au but avec nette différence entre le toucher de balle sur
les deux pieds.
Force : perte au
niveau des mains avec prédominance unilatérale sur le 4" et le 5"
doigts.
Frissons Douleurs à la pression de l'articulation temporo-mandibulaire : mais seulement unilatérales. - se référer à
"l'articulation temporo-mandibulaire".
Genoux qui se
dérobent.
Gonflement unilatéral
des extrémités, des doigts ou du pied jusqu'au genou : la bague ne peut
plus sortir du doigt ou la jambe devient subitement plus grosse que l'autre. Ce
gonflement ne concerne pas les articulations, ce qui permet de le différencier
d'affections inflammatoires articulaires. - se référer à "extrémités"
Gorge : elle racle,
donnant l'impression d'avoir en permanence des glaires dans l'arrière gorge.
Humeur changeante :
dépendant du taux d'endorphines circulant. Ces variations thymiques ne
permettent pas au fibromyalgique d'être pris au sérieux ou comme un vrai
malade.
Les
idées suicidaires sont fréquentes, mais heureusement, le passage à l'acte est
plus rare. - se référer à "dépression".
Hypersensibilités :
·
aux allergènes de toute sorte (médicaments, aliments ou additifs
alimentaires, pollution). Les réactions sont semblables à celles de l'allergie
vraie, mais s'en distinguent par leur capacité à disparaître sans
désensibilisation, juste après traitement d'ostéopathie dentaire.
·
aux odeurs, à la
lumière, au bruit, à la moindre
ambiance sonore, au chaud, au froid, à la cigarette, il s'agit d'une
irritabilité de tout. - se référer à" distorsion des sensations -
hypersensibilité.
Idéation : les
patients décrivent des troubles de l'idéation, l'impression d'être ailleurs,
" de marcher à côté de leurs baskets " et d'avoir de plus en plus de
difficultés pour rester performants dans le travail. - se référer à"
brouillard - état confusionnel".
Impatiences : c'est
le syndrome des jambes sans repos, un besoin incontrôlable de bouger et de
soulever ses jambes debout, assis ou au lit. Ces mouvements quasi involontaires
peuvent réveiller le sujet ou le conjoint.
Inadaptation à l'effort.
Irritabilité pour des
peccadilles, la saute d'humeur est fréquente chez le fibromyalgique.- se
référer à"humeur".
Libido : perte de la
sensualité du désir.
Maladresse : le fibromyalgique laisse souvent involontairement des
objets s'échapper de ses mains. De même, il se heurte, se cogne, trébuche ou se
blesse sans raison apparente.
Marche : sensation
d'être attiré sur le côté‚ en marchant, comme si on poussait celui à côté de
qui on marche.
Mastication difficile : difficultés pour mordre une pomme. Ils décrivent une impression de
mâchoire folle qui ne sait jamais comment se fermer, qui se décroche qui semble
être décalée, sans repères. Mâcher devient pénible.
Mémoire à court terme perturbée "à quelle place ai-je garé ma voiture ?" par exemple... Mouvements
incontrôlés des membres pendant la nuit : le plus souvent unilatéral, syndrome
de la jambe sans repos.
Muqueuses :
sécheresse de la bouche et des yeux semblable à la maladie de Gougerot Sjogren.
Myalgies.
Myoclonies nocturnes : la nuit des spasmes incontrôlés agitent les bras et
les jambes.
Palpitations cardiaques, malaises.
Panique : crises de
panique nocturnes avec souffle coupé et impression de mourir.
Paresthésies ou troubles de la sensibilité des mains : avec prédominance unilatérale sur le 4" et le 5e
doigts. Les patients décrivent une sensation de fourmis qui rampent sur la
peau, de brûlure, d'engourdissement ou de picotement qui peut irradier jusqu'à
l'épaule. Le pied est moins souvent concerné par ces paresthésies.
Peau sèche, écailleuse, râpeuse : dans laquelle il est difficile d'enfoncer une
aiguille. Les patients sont atteints par crises du besoin impérieux de se
gratter jusqu'au saignement tant les démangeaisons qu'ils ressentent sont
fortes. Des troubles de la coloration cutanée peuvent être observés donnant à
la peau un aspect marbré.
Un
déficit en fer a été aussi évoqué chez le fibromyalgique en raison d'une
atteinte globale des phanères: cheveux cassants, ongles striés, muqueuse
buccale sèche et atrophiée, fissures au coin des lèvres.
Pied : Lorsque le
corps est vrillé et qu'il n'est plus dans son axe, le pied ne peut plus prendre
un appui uniforme sur le sol. Les appuis sont transférés le plus souvent vers
l'avant-pied, de telle sorte que la station debout ou la marche, blessent le
pied et y produisent toutes sortes de blessures : Cors, durillons ou ampoules. A
un stade plus avancé, le sujet aura l'impression que son pied change de forme
au point que le port des chaussures devient difficile. Les sujets les plus
observateurs décrivent une impression de rotation des orteils sur leur axe
ainsi qu'une perte de parallélisme des deux pieds. Associées à des douleurs de
la plante, ces blessures finissent par faire renoncer à l'envie de marcher.
Photophobie : avec
une impossibilité de supporter la forte lumière du jour ou les scintillements
de la lumière artificielle. - se référer à"hypersensibilité".
Radio : la
fibromyalgie ne se dépiste pas sur les radios, les scanners ou sur la résonance
magnétique nucléaire.
Raideur : le malade
a l'impression d'être enfermé‚ dans un corset de plâtre qui entrave ses
mouvements soit au lever du lit, soit après avoir gardé longtemps (trente
minutes suffisent) la même position, debout, assis ou dans le lit. Conduire une
heure déclenche cette raideur qui a pour particularité de s'accentuer aux
changements de température ou selon l'humidité ambiante.
Règles : parfois
douloureuses, surtout lors des périodes de crise donnant l'impression de ne pas
pouvoir éliminer ce qui doit être éliminé.
Seins : maladies
fibro-kystiques.
Selles mal moulées
alternant entre diarrhée et constipation. - se référer à "colon".
Sinus : douleurs
des sinus, ressemblant à des sinusites sans signes radiologiques.
Sommeil : le
sujet dort moins en quantité‚ sans trouver de "sommeil réparateur". C'est
la quatrième phase du sommeil dite phase delta qui ne joue plus son rôle
réparateur, déréglant l'hormone de croissance et son pouvoir de réparation
tissulaire et entravant la recharge de tout le système immunitaire. En
pratique, le fibromyalgique aura des phases d'hypersomnie qui pourront succéder
à des phases d'insomnie. Il se réveille souvent dans la nuit sans pouvoir se
rendormir, et au matin, il est aussi fatigué que quelqu'un qui n'a pas dormi.
Parfois il est réveillé par des crises de terreur nocturne avec sensation de ne
plus pouvoir respirer. Moldofsky H. a pu démontré que les la souffraient d'un
trouble du sommeil profond à ondes lentes.
Spasmes musculaires :
concernant tous les muscles rouges.
Sueurs abondantes.
Thermique : troubles, sensation d'avoir trop chaud en été, trop
froid en hiver et surtout d'avoir les mains froides ou les pieds froids, comme
Raynaud l'a décrit dans son syndrome. Les mains peuvent paraître blanches et
non vascularisées.
Thermographie : la Douleur peut se révéler à la thermographie. - se
référer à"extrémités".
Thyroïde : le
plus souvent hypothyroïdie instable, difficile à équilibrer.
Troubles :
·
digestifs : douleurs,
ballonnements, alternance de diarrhée et constipation. Les malades se plaignent
tour à tour de brûlures d'estomac, de gaz, d'état nauséeux.- se référer à"
colon ".
·
de l'humeur : la douleur de leur corps tordu sur son axe,
les épuise, les rend fous, leur "met les nerfs à fleur de peau". Elle
consume leur vitalité, les épuise petit à petit et finit par venir à bout de
leur force et de leur volonté. Ils ont parfois du mal à garder le contrôle de
leurs réactions, puis regrettent de manquer de sérénité pendant l'action. Ils
peuvent être victime de crises de panique ou des crises de larmes
Urines : besoin
impérieux et fréquent sans infection, c'est le syndrome de la vessie irritable.
Des fuites urinaires au moindre effort (marcher, monter l'escalier, courir)
sont fréquentes chez la femme. Ceci se complique souvent de cystites
récidivantes.
Vertiges : le
sujet décrit une impression de perte de contact avec le sol, de ne plus sentir
son pas au sol. - se référer à "marche".
Vision : elle est
double ou douloureuse unilatéralement dans le cadran supérieur (à 11h ou à
13h). Les patients décrivent des "mouches volantes" ou des fausses
images qui se déplacent devant les yeux. Selon leur fréquence ces impressions
peuvent considérablement gêner la conduite automobile.
Vulve : lors des
crises, les femmes décrivent des douleurs à type de brûlures ou tiraillements
qui peuvent faire penser à un herpès.
Yeux : ils sont
souvent secs comme dans le syndrome de Goujerot Sjögren. Ils brûlent ou
démangent comme si un grain de sable ne voulait pas quitter la conjonctive. La
vision peut être brouillée parfois, les globes oculaires peuvent rougir et
s'injecter après une période de lecture. Une des deux paupières peut battre
sous l'influence de spasmes incontrôlables. D'autre fois, il devient pénible de
supporter la lumière.

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